Chateau du Bouchat

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Le Château du Bouchat
 
                          Tel qu'il se présente aujourd'hui, avec ses mâchicoulis et ses deux grosses tours, le château du Bouchat constitue un intéres­sant témoin de l'époque féodale. Est-ce à dire que nous nous trouvions là devant la construction primitive, telle qu'elle a tou­jours existé?  Nous ne saurions l'affirmer, car, on le verra dans un instant, 1’« hôtel fortifié » existait depuis 1375 au moins, et l'impressionnante épaisseur des murs nous ferait penser plutôt à un château du XV siècle. Comme il arrive souvent, il est probable que la construction primitive, du XIV' siècle, fut agrandie et trans­formée aux XV-XVI" siècles, sans parler des modifications de détail qui y furent encore apportées dans les siècles suivants. Le château conserva d'ailleurs une partie de ses défenses jusqu’à une époque récente. Le pont levis fut remplacé, dans le der­nier tiers du XIX" siècle, par un pont à trois arches lancé par­dessus les douves, asséchées au même moment. En outre, des quatre grosses tours qui flanquaient autrefois les angles du massif quadrangulaire, deux, seulement, subsistent : celles de la façade.
      A la fin du XIVe siècle, ce fief était aux mains des La Condemine. En effet, en 1375, Hugues de La Condemine, damoiseau, seigneur des Aix, prêtait foi et hommage pour son hôtel forti­fié du Bouchat. Ses descendants le conservèrent au moins jus­que vers le troisième quart du XVIe siècle. A cette époque, à en croire Nicolas de Nicolay, Le Bouchât était considéré comme un château-fort.
         Peu de temps après, ce sont les des Fontys (ou de Fontis, à ne pas confondre avec les Deffontis) que nous trouvons installés au Bouchat. Nous ignorons s'ils furent les successeurs directs des La Condemine. Mais en tout cas, ils les suivirent de peu, puisque Jean des Fontys, écuyer, seigneur du Bouchat, vivait à la fin du XVI" siècle et mourut avant 1632. Après lui, son fils, puis son pe­tit-fils possédèrent Le Bouchat. Mais le dernier, André des Fon­tys, par testament, légua ce fief à sa femme, Marguerite de Lingendes. Celle-ci, devenue veuve, convola en secondes noces, le 19 novembre 1694 avec Jean-Baptiste de Gérondelle, écuyer, seigneur de La Dauphinée, qui se qualifia dès lors seigneur du Bouchat et s'y installa avec sa femme. Mais celle-ci, de son pre­mier mariage, avait eu une fille, Marguerite des Fontys, et cette dernière, à la mort de sa mère, hérita du Bouchat. Marguerite avait épousé Gilbert Boutet, écuyer, seigneur de Sazeret.
       Ils rési­dèrent peu de temps au Bouchat puisque, le 23 juin 1708, con­jointement, ils le vendirent à Antoine Thonier, curé de la pa­roisse du Theil, avec le « grand étang » et le « grand domaine » du Bouchat et le domaine des Issards, moyennant la somme de 12.000 livres. Le même jour, ils vendirent également à Gabriel Pellisson, marchand de la paroisse du Theil, d'autres dépen­dances de la seigneurie du Bouchat, notamment les domaines de Chezelles et des Pénins.
     Antoine Thonier, quelques mois après, le 5 octobre 1708, s'em­pressa de prêter foi et hommage pour le fief nouvellement ac­quis. Quand il mourut, le 22 juin 1723, il laissa pour héritier son neveu Claude Thonier, lequel ayant épousé l'année précé­dente Françoise Pellisson, fille de Gabriel, nommé plus haut, réussit probablement à reconstituer entre ses mains la plus gran­de partie de l'ancienne seigneurie du Bouchat. Après lui, son fils Claude-Jean-Baptiste continua, semble-t-il, à arrondir le do­maine patrimonial. Mais le fils aîné de ce dernier, Jacques-Pierre Thonier, étant décédé sans alliance, laissa Le Bouchat à sa sœur Sophie. Celle-ci épousa Saturnin Tavernier, notaire à Gannat. En 1864, le château fut acquit par le comte de Saint Genys.
 
       Je remercie la famille de Laitre et de Baynast de Septfontaine pour leur aimable participation .